Aramisauto Aramisauto Aramisauto Contactez-nous 09 72 72 20 02
Sélectionnez un thème : Tous
Sélectionnez un thème : Tous

Mondial de l’Automobile : transition réussie

Avant l’ouverture du Mondial de l’Automobile, blogs, sites et médias divers ne commentaient que l’absence des douze constructeurs ayant décidé de ne pas se joindre à la fête. Après deux jours passés à sillonner les allées et à observer les nouveautés, l’ambiance et les réactions des uns et des autres, le vieux dicton reste plus que jamais d’actualité : les absents ont tort.

Pourquoi cette cette affirmation un brin péremptoire ? Il n’y a qu’à écouter les conversations des visiteurs mais aussi celles des spécialistes et des professionnels. Toutes font référence à une sorte de transition en cours. Certes, les nouvelles technologies ne seraient pas encore suffisamment présentes dans les gammes et le chantier des nouvelles mobilités serait encore trop embryonnaire pour valider de véritables stratégies innovantes face aux vieux défis du « gros stand à l’ancienne » et de la première mondiale à Paris. Seulement voilà : quand certains s’abstiennent, d’autres avancent. Sans se poser de questions et avec l’ambition de répondre aux attentes et aux demandes de leurs marchés, en proposant des designs et des solutions techniques innovantes.

C’est notamment le cas des trois grands groupes allemands qui, à eux seuls, présentent plus de 60 % des nouveaux modèles exposés. A1, Q3, SQ2, Q8 et e-Tron électrique chez Audi ; Série 3 chez BMW ; Classe A trois volumes, Classe B et EQC électrique chez Mercedes-Benz… Pour ces trois marques, voici, à n’en pas douter, la liste des futures meilleures ventes de l’année 2019.
Pour elles, la présence à Paris demeure donc bien un enjeu commercial majeur. Car, au-delà de l’exposition de véhicules, le Mondial constitue un lieu idéal pour faire la démonstration de ses nouveaux savoirs-faire, tant en termes d’usage (location, partage…) que de technologies (électrique, hybride, hydrogène…). En cette époque de grands chambardements dans l’approche même de l’automobile, rester à l’écart en se disant « pas près » ou « dépourvu de nouveauté significative » apparaît incontestablement risqué.

La preuve ? Toyota célèbre le retour des Corolla et Camry (appellations disparues de chez nous voici des lustres), Hyundai s’offre un stand somptueux, avec ses autos de course mais aussi des propositions répondant à de nouvelles attentes, telles que la i30 N Line. Voici une voiture que l’on pourrait classer comme « sportive mais pas trop », une réponse à la demande croissante d’autos dotées de pep’s sans nécessairement verser dans la haute performance. Pour annoncer l’arrivée de cette nouveauté, la marque coréenne a envoyé à tous les médias, quelques jours avant l’ouverture du Salon, des petites bouteilles de sauce piquante ! Tout simple, très pertinent et pas cher. Déjà une réussite.

Idem chez Kia, où la Ceed apparaît, elle aussi, en version GT pour répondre à cette même demande tandis qu’est présentée une intéressante ProCeed. Une sorte de break de chasse à la ligne chic, à la finition exemplaire, qui regarde sans complexe vers les propositions premium des vedettes souvent germaniques de la catégorie. Cuirs piqués, chromes, sièges fermes et enveloppants, silence à bord… Ajoutons-y son tarif et sa garantie de 7 ans ou 150 000 km et il a tout pour réussir et satisfaire ses légitimes ambitions. C’est donc très clair : les constructeurs « challengers » sont bien présents et s’affichent au Mondial avec force.

Chez Toyota, déjà évoqué, c’est encore plus clair. Alors que la marque ne cesse de battre des records de vente en France, le RAV4 fait son retour avec une motorisation hybride de 218 ch. Mais on remarque également les nouvelles Corolla et Camry (elle aussi hybride) dans le domaine des berlines classiques, une nouvelle Lexus (qui prend l’appellation ES, comme aux États-Unis), des propositions sur Yaris… sans oublier la part belle faite aux réussites sportives – la TS050 des 24 Heures du Mans ! – et stylistiques, Bref, sur un stand immense mais avec simplicité et humilité, le géant japonais ne se pose pas de question et poursuit sa marche en avant.

Chez les Français, le magnifique concept-car Peugeot e-Legend fait un malheur, à tel point que l’idée de le produire, qui n’avait effleuré personne jusque-là, commence à faire son chemin. Bien sûr, il s’agirait d’une version un peu édulcorée et plus réaliste mais tout de même ! Le Lion a actuellement le vent en poupe – la nouvelle 508, en berline et en break, déchaîne les foules – et son président, Carlos Tavares, a littéralement « épluché » les allées du Mondial, scrutant les nouveaux modèles avec une rigueur absolue qui témoigne d’une authentique passion et d’une ambition sans borne. Chez Peugeot, toujours, on aura aussi remarqué le Rifter, remplaçant du Teepee.

Les « cousins » aux Chevrons ne restent pas inactifs. Citroën présente la C3 Aircross et DS la DS3 Crossback avec des versions électriques qui les placent en pointe sur le sujet parmi les Français (300 km d’autonomie pour la version électrique de la DS !).
Le seul véritable regret provient de Renault dont le Kadjar restylé ne fait pas oublier l’absence de la Clio 5 (qui doit pourtant apparaître en fin d’année) et de la Twingo restylée. Ce Mondial aurait pourtant pu être, pour Renault, l’occasion d’un lancement exceptionnel. Le Losange a-t-il craint que sa nouvelle Clio soit engloutie par la cacophonie ambiante du Mondial et ses 78 nouveautés, alors qu’elle sera l’unique reine des médias dans deux mois ?
Mais bon sang, que c’est dommage ! Le Mondial n’est-il pas le plus grand et le plus important des salons automobiles de la planète ? À ce titre, les constructeurs français y ont une sorte de devoir de représentation et doivent faire briller l’industrie automobile nationale qui s’adapte à son époque et réussit si bien depuis… le dernier Mondial, il y a deux ans.

C’est tout le sens de la transition évoquée plus haut : le Mondial de l’Automobile 2018 est le premier d’une nouvelle ère. Celle du passage de la culture de l’automobile à la culture de la mobilité.
Les promoteurs et créateurs de solutions plus ou moins expérimentales de partage, d’économie, de technologies propres, de recyclage et de solutions « vertueuses » ne s’y sont pas trompés. Ils sont tous présents. Symboliquement, ces innovations, start-up et nouvelles idées d’entreprises sont regroupées entre les trois grands halls, à la croisée des chemins de l’ancien monde automobile. Normes, partage, avancées technologiques, mobilité raisonnée… Les visions sur le monde du mouvement de demain sont nombreuses.
Même la course automobile s’y met avec l’engagement pris par les 24 Heures du Mans à faire courir une auto à l’hydrogène dès 2024. Les rumeurs glanées dans les allées font état du retour d’Audi au Mans avec ce même projet. Et, si Audi emboîte le pas de BMW au sujet de l’hydrogène, la plus inattendue des révolutions pourrait secouer le monde de l’automobile bien avant le Mondial de 2020.

Photos : Reuters, Mercedes-Benz, Hyundai, Kia, Toyota, Peugeot, DS.

En lien

COMMENTAIRES

Ajoutez un commentaire
(de 2 à 2500 caractères)