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NIO : la fin de Tesla ?

La question est sur toutes les lèvres : Elon Musk, fondateur visionnaire et patron emblématique de Tesla a-t-il perdu la main ? A-t-il encore les moyens de lutter contre les géants japonais et chinois qui se lancent aujourd’hui sur le marché des véhicules 100% électriques ?

La question se pose de différentes manières, en réalité. La première consiste à dire qu’avec une capitalisation boursière de 58,7 milliards de dollars, Tesla vaut bien plus cher que n’importe quel autre constructeur automobile américain, en dépit de ses pertes abyssales chroniques et de sa rentabilité éternellement « remise à demain ». Aux Etats-Unis, on dit des entreprises qui dépassent une certaine taille, qu’elles sont « too big to fail », c’est à dire trop grosses pour échouer. C’est en tout cas ainsi qu’est perçu Tesla, qui surfe sur des capitaux entrants sans discontinuer et sur des analyses financières toujours très positives.

Seulement voilà, le plus gros marché du monde pour les voitures électriques n’est pas les Etats-Unis. Et la Californie qui en rêve tant est, pour l’heure, avant tout adepte des voitures hybrides (Prius …). Le marché du véhicule électrique qui a connu la plus forte croissance depuis quatre ans n’est ni en Europe, ni en Amérique, mais en Asie, en Chine, plus précisément. Et là bas, si les grandes villes aux forts pouvoirs d’achat rêvent de Tesla, NIO né à Shangaï il y a moins de quatre ans, y vend son SUV ES8 tout électrique à 50% du prix d’une voiture Tesla Model X. Et pendant ce temps, Tesla Motor subit de plein fouet les atermoiements de Donald Trump en matière de relations commerciales avec la Chine, de taxes et de droits divers. Heureusement, en Chine, sa position soit encore très forte et les Chinois se trouvent, somme toutes, encore bien en retard sur le sujet de l’électrique.

Non, ce qui inquiète aujourd’hui les marchés, ce sont les ambitions des Chinois sur leur propre marché, qui vaut à lui seul celui du reste de la planète. Car même Warren Buffet, le fondateur et manager du méga-fonds Berkshire Hathaway américain qui avait raté le coche Tesla, plus par amour propre et par divergences culturelles entre son Nebraska natal et les fastes de la Californie friquée d’Elon Musk, a investi dans BYD, autre constructeur d’électriques de Shanghai. Il y a aussi Volkswagen et Ford qui souhaitent s’y mettre, en Chine aussi, avec des moyens colossaux, mais des badges moins locaux. Quant à Nio, même s’ils n’ont produit que 500 voitures en quatre ans,  avec des parts de marché ridicules et sept petits millions de dollars millions de chiffre d’affaire sur le premier semestre 2018, pour des pertes cumulées de 503 millions, le reste de leur histoire possède quelque chose d’effrayant. Surtout face aux deux milliards de chiffre d’affaire annuel chinois de Tesla.

Ainsi, avant le lancement en bourse mercredi de NIO, à New-York (il n’y a pas de hasard …), le constructeur annonçait posséder un carnet de 17 000 commandes et un business model bien différent de celui de Tesla, qui semble tristement classique dans l’industrie automobile d’aujourd’hui. Car NIO ne fabrique pas ses autos, mais se concentre sur la recherche et contourne le problème de la durée de chargement des batteries électriques sur borne de chargement par un système de remplacement en trois minutes et de consigne. Qu’en pense le marché ? Il y a d’abord réfléchi le mercredi, laissant l’action Nio tomber sous son prix d’introduction de 6,26 $ par action, ce qui aurait consacré la défiance des marchés à l’endroit de cette startup peu industrielle. ET puis, dans l’après midi, le sacro-saint « marché » décidait de prendre position. Le résultat ? Un incroyable bingo à 6,60 $ l’action en deuxième séance, ce qui valorisait l’entreprise et ses 500 millions de pertes à 6,4 millions de dollars, avec une levée immédiate d’un milliard de dollars. Moins  que le 1,8 espéré, mais tout de même …

Désormais NIO figure sur la carte des « challengers », avec des appuis financiers forts à un modèle économique jamais exploré à ce jour. L’avenir ? Pour le président, Lihong Qin, la cible prioritaire reste les classes moyennes des grandes villes chinoises, où la lutte contre la polution est devenue une priorité nationale, qui rêve d’une automobile électrique. Une population et un marché chinois qui doublera dans les cinq ans. En clair, cela s’apparente à une tentative de prise de position sur les plates bandes du véhicule propre de Tesla, puisque cette classe moyenne séduite par NIO ne pourra que poursuivre son ascension sociale avec NIO.  Les européens et les autres américains ? Pour eux, il est sans doute déjà trop tard …

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