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Bertha Benz, la première automobiliste

À l’occasion de la Journée Internationale des Femmes, le 8 mars, Mercedes-Benz a rappelé, au travers d’un petit film, que c’était une femme qui avait réalisé le premier trajet aux commandes d’une voiture commercialisée. C’était en 1888 et cette première automobiliste s’appelait Bertha Benz.

L’Allemagne, comme la France, fait partie des berceaux de l’automobile. C’est de l’autre côté du Rhin que Gottlieb Daimler met au point le premier moteur à essence, marquant le vrai départ de l’industrie automobile. Et c’est toujours en Allemagne que naît, en juillet 1886, ce que l’on considère comme la première véritable voiture commercialisée : la Patent Wagen (« voiture brevetée ») de Karl Benz.

Ce succès est, en fait, l’œuvre d’un couple. Car si Karl Benz est bien l’inventeur du fameux tricycle, son épouse Bertha a joué un rôle non moins capital. Née en 1849 au sein d’une riche famille de Pforzheim, son aisance financière lui permet d’investir dans l’atelier de celui qui est alors son fiancé et dont elle devient ainsi l’associée. Toutefois, lorsqu’elle se marie en 1872, elle perd tout pouvoir de décision au sein de l’entreprise, ainsi que le veut la loi allemande de l’époque. Qu’importe pour Bertha Benz, qui croit en son mari, ne va cesser de le soutenir et de l’encourager à réaliser son rêve que de construire une « voiture sans chevaux ». C’est d’ailleurs l’argent de la dot de Bertha qui va financer le développement des divers prototypes.

En fait, Bertha et Karl se complètent parfaitement. Car, si ce dernier est un brillant ingénieur, il n’a guère le sens des affaires et ne croit pas au potentiel commercial de son invention. Il faut dire que l’époque ne s’y prête guère : le Kaiser, qui gouverne l’Allemagne, est passionné de chevaux et vouloir remplacer ces superbes animaux par des mécaniques bruyantes et fumantes semble presque antipatriotique. Sans oublier l’Église, pour laquelle le moteur à explosion sent la diablerie. Mais Bertha Benz est sûre de l’avenir de l’invention de son mari.

Le 5 août 1888, au petit matin, elle pousse donc la Patent Wagen hors de l’atelier de Mannheim avec l’aide de ses deux fils, Eugen et Richard, en prenant bien soin de ne pas réveiller Karl. Dans la cuisine, elle lui laisse un message indiquant qu’elle est partie rendre visite à sa mère à Pforzheim, à 106 km de là. Une véritable odyssée à bord de cette voiture dépourvue de réservoir d’essence et dont le carburateur ne peut contenir que 4,5 l de carburant. Comme il n’existe pas encore de station-service, c’est dans une pharmacie de Wiesloch que Bertha achète de la ligroïne (ou éther de pétrole).

Le moteur manquant de puissance, Eugen et Richard sont mis à contribution pour pousser la voiture dans les côtes. Mais ce n’est pas seul problème auquel la première conductrice devra faire face en faisant toujours preuve d’ingéniosité. Conduit d’essence bouché ? Elle le débouche avec son épingle à cheveux. Chaîne défectueuse ? Elle fait appel à un forgeron pour la réparer. Conduite qui fuit ? Elle colmate avec sa jarretière. Au cours de ce voyage, elle invente même les premières plaquettes de freins lorsqu’elle demande à un cordonnier de recouvrir de cuir les patins de bois servant au freinage et qui commencent à faiblir dangereusement.

Partie de Mannheim à l’aube, Bertha Benz atteint Pforzheim à la tombée de la nuit. Elle envoie un aussitôt un télégramme à son mari pour l’informer du succès de son voyage et reprend la route le lendemain pour rentrer chez elle avec ses deux fils. Tout au long des deux trajets, elle prend soin de consigner dans un carnet tous les incidents et défauts constatées en vue d’améliorer les véhicules suivants. Bertha Benz a donc aussi été la première pilote d’essai de l’histoire de l’automobile.

Ce voyage va constituer une formidable publicité pour l’automobile, prouvant l’utilité et les possibilités de cette invention nouvelle. La Patent Wagen de Karl Benz va soudain intéresser beaucoup de monde et vingt-cinq exemplaires en seront fabriqués, ce qui constitue un très beau succès en cette fin de XIXe siècle. Tout cela aurait-il été possible sans la clairvoyance, l’obstination et le courage de Bertha Benz ?

Sa contribution essentielle sera finalement reconnue. En 1944, à 95 ans, elle sera faite Honorable Sénatrice par l’Institut de Technologie de Karlsruhe où son mari avait étudié et dont il a avait été nommé docteur honoris causa. Deux jours plus tard, le 5 mai, elle s’éteint dans sa villa de Ladenburg, où la famille Benz avait emménagé en 1906. Son mari l’avait précédée en 1929…

« C’était important pour mon équipe de dépeindre Bertha Benz comme une femme forte et un modèle pour toutes les époques », a expliqué Bettina Fetzer, vice-présidente du marketing de Mercedes-Benz. « Bertha a été une pionnière et notre première pilote d’essai. Son courage et sa volonté de ne pas abandonner trop facilement m’inspirent beaucoup. Avec notre film, nous voulons motiver les gens à aborder la vie avec une attitude positive et à relever les défis avec confiance. »

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